Et cet air qui vous accompagne sur le chemin de l’atelier est encore là lorsque vous vous mettez à peindre.
Bien souvent c’est Mozart qui ainsi m’escorte.
Cet artiste-aventurier a fait siens, comme autant de langues maternelles, tous les langages musicaux et les idées qui lui étaient disponibles, dans un travail de synthèse que, anachroniquement, on appellerait aujourd’hui “post-moderne ”, pour la plus personnelle et la plus belle des musiques.

Très curieusement, la musique de Mozart est si belle qu’elle nous console de la tristesse dans laquelle elle (ou il) nous plonge, par le glissement qu’il (ou elle) sait opérer du plus sombre au plus lumineux, du plus angoissé au plus serein. Du néant à l’être. Il y a ce sentiment que la vérité est du côté de la joie. Dans cette prière, au sens d’une « attention absolument pure » (Simone Weil), ce que Mozart nous demande, et à la fois nous offre, peut alors se passer des dieux.
Il y a, dans notre écoute de Mozart, quelque chose qui tend à la spiritualité la plus élevée, loin des églises et des dogmes. Une musique extrêmement savante, bien sûr, mais simple, pure et lumineuse.