Fables d'Esope

essayez tous les boutons en bas du diaporama pour voir lequel vous correspond le mieux,
pour voir les encres en plein ecran appuyez sur le bouton
ainsi que pour en sortir.

Ésope ! Encore un travail au long cours : deux cent soixante-treize petites merveilles ciselées par ce merveilleux poète grec à l’origine de cette longue tradition des fables de tous pays. Il fut esclave, l’esclave phrygien, l’appelait-on ; mais son art l’affranchit. Même Socrate le mit en vers dans sa prison. Chaque brève histoire est une leçon ; mais surtout un monde en soi où les animaux souvent parlent, chantent et nous singent. À moins que ce ne soit le contraire. Vingt sept siècles qu’elles sont là, visitées et revisitées encore, allongées, étirées, transformées ; mais le cristal est là, dans sa gangue, inchangé.


Alors, comment s’y prendre pour s’attaquer à un tel édifice, à ces pierres édifiantes ? Avec déférence, sans doute ; et appréhension, au début. Puis c’est la joie, la jubilation d’un rendez-vous quotidien, une fable amenant l’autre, la plongée dans la lumière de leur évidence, la force de leur limpidité.


Aussi ai-je eu envie de choisir la plus simples des techniques : le papier, un petit format, toujours le même, l’encre de chine et le pinceau. Et avec cela, trouver, travailler la lumière qui est le papier lui-même, sa blancheur intacte préservée sous l’encre noire, profonde qui reste à la surface. D’où ces scarifications, blancheur de traits gravés avec de fins cutters dans l’épaisseur de la matière, brèches, failles, crevasses, lézardes.


Et puis la lecture, à nouveau, le texte grec en regard de la traduction, le plaisir de cet autre alphabet, notre berceau, la petite enfance de notre civilisation ; mais l’homme a-t-il vraiment grandi ? J’en doute et souvent je me suis senti montré du doigt par ces quelques humains et tous ces animaux.